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#1 19-06-2009 20:00:24

François
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The Wise Man's Fear
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Une petite "interview" très intéressante de l'auteur par Stéphane Marsan, qui nous en apprend un peu plus sur la façon d'écrire de l'auteur.

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Retransciption des sous-titres de Bragelonne :

Stéphane Marsan :

C’est un plaisir extraordinaire de vous avoir ici à Paris. L’un des buts de cette vidéo est de me donner enfin l’opportunité de vous voir et de vous parler.
Même si je suis votre éditeur, je suis surtout et avant tout un lecteur. L’opportunité de rencontrer pour la première fois un auteur, et un auteur que j’ai adoré dès la première lecture de son livre, c’est vraiment important. Donc voilà l’idée, ce ne sera pas une interview classique :

Qui êtes-vous ? Qu’avez-vous écrit ? Alors, vous êtes écrivain ! Ou ce genre de choses, ça sera un peu spécial. Quand on lit un livre qu’on aime pour la première fois, en fermant le livre, on garde instantanément une ou deux scènes à l’esprit qui, peut-être, seront celles à l’avenir dont on se souviendra en entendant le titre du livre. Quelles sont vos scènes préférées dans votre roman, le Nom du Vent ?



Patrick Rothfuss :

Ca a changé au fil des années. Ca se passait comme ça : j’avais une scène préférée et je la relisais encore et encore parce que j’y est travaillé pendant presque 14 ans. Si je devais en choisir deux, l’une d’entre elles serait probablement la scène où il tombe du toit après avoir parlé à Elodin. Je suis très fier de ça. Une des scènes dont je suis très fier est probablement… Parfois, on commence à écrire dans une direction, on attend quelque chose d’une scène et à la fin elle donne complètement autre chose, mais le résultat peut être pas mal. Mais une des scènes dont je savais ce que j’attendais et qui est devenue exactement ce que je voulais était la scène avec l’Eolian, quand il gagne enfin son jeu de flûtes.
On s’aperçoit que la musique peut toujours faire partie de sa vie… C’est un grand tournant, quand il peut redevenir un musicien. Avant ce moment, c’était un élément qui manquait à sa vie. J’étais très content de cette scène, même si, en termes de scène, elle est très longue. C’est un long chapitre ; il y a ce qui arrive avant la chanson, puis ce qui arrive après. C’est presque le point de basculement du roman, le moment où il s’équilibre. Et je vais en choisir une 3ème. Quand il est sur les toits avec Auri. Toutes les scènes avec Auri, la jeune fille, sur les toits, me font… Elles sont tellement amusantes à lire pour moi. Je ne sais pas pourquoi elle est aussi réussie, mais j’adore ce personnage.
Chaque fois qu’ils discutent, ça me touche beaucoup. Parfois, je lis l’une de ces scènes et je pleure un peu car Auri est tellement adorable. C’est peut-être bizarre, je ne sais pas. Ca a l’air un peu bizarre !

Stéphane Marsan :

Vous venez de dire qu’il vous a fallu 14 ans pour écrire ce livre. Est-ce qu’il ressemble encore à ce que vous aviez imaginé au début ?


Patrick Rothfuss :

Non. Non, absolument pas !

J’ai retrouvé un vieux plan, il y a 1 an ou 2. Je l’avais tapé à l’ordinateur où j’expliquais la direction que j’imaginais pour l’histoire. Il y avait là des choses que je ne me souvenais même pas avoir écrite. A l’origine, quelqu’un allait arriver, raconter une partie de l’histoire puis s’aventurer dans le monde. Evidemment, ce n’est pas ce qu’il s’est passé. L’ensemble… son histoire est devenue le point de focalisation principal du livre. Plus tard, après qu’il ait raconté son histoire, nous pourrions le lancer dans le monde, mais la focalisation a vraiment changé.
Toute sa vie à Tarbean a changé, tout ce que j’avais imaginé au début a changé.
C’est probablement mieux, parce que l’histoire originelle n’aurait pas été excellente. Elle aurait pu être acceptable, mais ça n’aurait pas été ce que c’est devenu. Je suis bien plus content du livre que j’ai écrit que celui prévu à la base !

Stéphane Marsan :

Quel genre de conseil, puisqu’on parle d’écrire un livre, donneriez-vous à de jeunes auteurs ou à vos fans qui voudraient un jour essayer d’écrire ?

Patrick Rothfuss :

Le conseil le plus important que je pourrais donner, même s’il a l’air totalement inutile, est qu’il faut simplement le faire.
J’entends par là qu’il faut s’asseoir et écrire, même si on n’est pas d’humeur. C’est facile d’écrie quand on se sent inspiré, excité, on s’assoit et on écrit ; mais c’est difficile quand on n’est pas d’humeur, quand on est fatigués, quand notre histoire nous ennuie, quand on la déteste. Parce que ça va arriver ! Peut-être pas à tous les auteurs, mais moi, il y a des jours… C’est presque comme une relation amoureuse, dans toute relation qui dure longtemps, il y a des hauts et des bas. Les oiseaux chantent mais certains jours on ne s’entend pas avec l’autre et on se dispute et on se déteste ! Des fois, on travail sur son roman mais on ne veut même pas s’en approcher ! Mais parfois c’est un état d’esprit productif.
J’ai tendance à croire que j’ai une petite tendance à être maniaco-dépressif. Je suis très excité et j’écris, puis je suis un peu déprimé. Je regarde mon texte et me dis : « c’est mauvais ! Ca c’est mauvais ! » et je corrige le livre, et je le révise. J’ai donc les bons côtés de l’excitation et de mon irritation face à mon livre. Je peux utiliser ces deux sentiments.
C’est donc mon deuxième conseil : il faut écrire selon sa propre personnalité. On ne devrait pas nécessairement se forcer, mais des fois il faut se pousser
A vraiment faire quelque chose plutôt que de seulement penser à écrire. L’un des meilleur conseil que j’ai eu, viens d’un de mes professeurs d’université, qui m’a dit : « la différence entre les gens qui écrivent des romans et ceux qui n’en n’écrivent pas, est que ceux qui écrivent des romans écrivent des romans. » Et c’est ça ! C’est la seule différence. C’est pour ça qu’on rencontre des gens qui écrivent des livres et qui travaillent à la Poste, ou qui sont médecin, ou éboueur. Mais ils ont écrit un livre, et seules les personnes qui écrivent des livres sont publier.


Stéphane Marsan :

Juste avant votre départ des Etats-Unis, vous avez écrit sur votre blog que vous aviez achevé, ce que je suppose être le premier jet du 2ème volume.


Patrick Rothfuss :

C’est la 1ère version aboutie.

Stéphane Marsan :

Ok. Où en est le 2ème volume, car nous le savons, [mal sous-titré].

Quel était le processus, je ne veux pas vous ennuyer, mais c’est intéressant de voir, quand arrive un livre comme le Nom du Vent, et dont bien sûr les lecteurs sont impatients de lire la suite, il est intéressant de comprendre ce qui vous arrive à vous en tant qu’auteur. Est-ce qu’il y a beaucoup de pression ? Est-ce qu’il est plus difficile d’écrire une suite ? Avez-vous changé des éléments de l’histoire après la 1ère sortie du 1er livre ? Que s’est-il passé ?

Patrick Rothfuss :

Non, ça ne me dérange pas d’en parler, particulièrement aux personnes qui savent en quelque sorte la vérité, qui savent à quel point il est difficile de construire un livre, et qui attendent peut-être la suite pour savoir ce qu’il va se passer. Mais c’est compliqué. Il y avait beaucoup de questions là, toutes très intéressantes.
J’ai écrit toute l’histoire. Kvothe raconte toute son histoire. Il dit que ça va durer 3 jours. Le premier livre est le premier jour, et j’ai écrit les deuxième et troisième journées, jusqu’à la fin de l’histoire. Quand je l’ai dit à mon éditeur américain, j’ai dit : « j’ai fini ! C’est fini, c’est bon. » C’était vrai, je croyais vraiment que c’était fini. Le problème était que c’était une longue histoire et que c’est impossible de la couper quelque part et de dire « voilà, c’est un roman ». J’ai donc travaillé sur ce livre et j’ai essayé de l’améliorer, pendant les deux ou trois années après avoir signé mon contrat aux Etats-Unis. Je l’ai revu, j’ai changé la fin et je l’ai amélioré pour que l’histoire soit meilleure. Puis, je suis passé au 2ème tome et je l’ai relu, mais j’avais passé 2 ou 3 ans à écrire et j’avais vraiment beaucoup appris sur l’art d’écrire, de raconter et de réviser.  Je l’ai relu, et ce n’était largement pas aussi bon que ce que je pensais ! il y a 3 ou 4 ans, mais pas aujourd’hui ! Alors je me suis lancé et j’ai vu qu’il y avait une partie qui devait être développée pour être vraiment bonne, alors j’y ai ajouté 60 000 ou 70 000 mots.
J’avais coupé le début et modifié la fin donc ça ne collait plus avec cette partie, je devais donc changer ce début pour que tout fonctionne vraiment bien. Ca m’a simplement pris longtemps de bien faire les choses. Je suis très difficile, très, très obsessionnel, très compulsif, je voulais vraiment que ce soit bon. Ce serait peut-être plus facile si les gens n’aimaient pas autant le premier tome. Ce serait peut-être plus facile s’ils le lisaient et se disaient : « Hmmm… Le Nom du Vent, c’était pas mal… » Alors, je me dirais : « J’écrirai un livre si bon que vous… enfin mon prochain sera génial ! ». Mais il y a des gens qui ont tellement aimé ce livre, que j’ai presque peur d’essayer de leur donner un nouveau livre, parce que si quelqu’un m’envoie un e-mail pour me dire qu’il lit de la Fantasy depuis 30 ans et que mon livre est le meilleur roman qu’il ait jamais lu, je me demande comment écrire une suite à ce livre. Je ne peux pas faire autrement que de décevoir. Je ne peux qu’écrire le deuxième meilleur livre qu’il n’ait jamais lu ! si les gens n’aimaient pas autant le premier tome [mal sous-titré]. Donc oui, j’ai vraiment été nerveux.
Il y a eu beaucoup de pression et je n’en ai pas l’habitude. J’ai passé 14 ans à travaillé dessus, c’était mon petit passe temps, c’était amusant, comme le jardinage ou les modèles réduits. Et tout à coup, le 2ème tome : il faut que je l’écrive en temps en en heure. J’ai été bloqué pendant un moment, je n’accomplissais grand-chose. C’était assez difficile.

Stéphane Marsan :

Vous venez de mentionner les réactions incroyables que votre livre a suscitées. J’imagine que ce n’est pas une question facile, mais pouvez-vous les expliquer ?

Patrick Rothfuss :

« Eclats de rires »

Je peux expliquer ce que je ressens mais pas pourquoi c’est arrivé. Je ne peux pas l’expliquer.

Stéphane Marsan :

Que vouliez-vous obtenir ? Quelle sorte d’émotions recherchiez-vous quand vous avez écrit et fait publier ce livre ?

Patrick Rothfuss :

Je disais toujours pour plaisanter que je voulais que les gens le lisent et en meurent.

« Eclats de rires général »

Ou peut-être qu’ils le liraient et seraient très malades. Je ne voulais pas vraiment tuer qui que ce soit avec mon livre ! Tolkien a écrit quelque chose dans un article sur les contes de fées… Il essayait d’expliquer ce qu’est un conte de fées.  Ca n’a rien à voir avec les fées, ça ne veut pas dire que c’est un livre pour les enfants… Il a éliminé toutes ces choses et il a dit « je pense qu’un conte de fée porte en lui du ravissement, de l’étonnement et du merveilleux. » En grandissant, je lisais certains livres comme Narnia, Le Seigneur des Anneaux, les Chroniques de Pern, le Cycle de Terremer d’Ursula K. Le Guin… Quand on lit ces livres, c’est… Il y a une dimension merveilleuse, tout à l’air vrai mais c’est magique. Je voulais que mes lecteurs ressentent cela aussi. Dans la Fantasy il y a beaucoup de guerres, de sorciers, de voleurs, ce genre de Fantasy. Et c’est un genre que j’apprécie beaucoup depuis des années. Mais je voulais vraiment raconter un autre genre d’histoire. Pas une grande histoire, pas d’armée de milliers de soldats, pas de fin du monde. Je voulais montrer qu’on pouvait raconter une histoire aussi intéressante sur la vie d’une seule personne, si la personne est intéressante. Je n’avais pas réalisé à quel point ce serait difficile quand j’ai commencé à écrire. Mais je suis si fier que tant de personnes semblent vouloir lire ces histoires différentes que j’écris.
Donc… je crois que j’ai oublié la question !


Stéphane Marsan :

Ce n’est pas grave, je suis satisfait de la réponse.

Patrick Rothfuss :

J’espère ne pas être trop éloigné.


Stéphane Marsan :

J’ai d’autres questions, bien qu’on ait passé les 10 minutes !

Patrick Rothfuss :

Mais, je m’en fous. Ce n’est pas grave, au pire, au pourra faire 2 vidéos !

Stéphane Marsan :

Si vous aviez… c’est le travail de l’éditeur ou du directeur marketing, mais j’aimerai avoir votre opinion. Parfois on essaye de se limiter à une phrase ou un mot pour accrocher les lecteurs. Il y a des centaines de romans de Fantasy qui sont publiés chaque année, certainement pas en France mais dans le reste du monde… Pourquoi pensez-vous que je prendrais le temps pour lire celui-là ? Que diriez-vous ?

Patrick Rothfuss :

Je suis connu pour être très mauvais en pitch. Mais je peux essayer. Ce qui est différent dans ce livre… La plupart des choses que les gens n’aiment pas… Je devrais essayer autrement ! Si vous avez entendu parler de Fantasy, ou si vous en avez assez de quelque chose dans la Fantasy, alors je suis probablement fatigué de la même chose. Et c’est ce que j’essaye d’éviter en écrivant ce livre. Donc si j’essaye d’attirer quelqu’un qui ne lit pas de Fantasy… ? [mal sous titré].

Stéphane Marsan :

Mais c’est une bonne remarque

Patrick Rothfuss :

Oui… c’est pour ça que je suis mauvais en pitch, je devrais dire : « c’est la rencontre entre Princess Bride et The Crow ! ».

« Eclats de rires »

Ce n’est pas vrai ! C’est horrible de dire ça car ce n’est qu’un mensonge mais c’est accrocheur. C’est un bon pitch. J’ai lu un excellent pitch, parce que je le connais bien. Mais j’au lu un petit blurd « Il a été une légende à son époque. Un magicien, un voleur et un assassin. Mais derrière toutes les histoires il y a un homme et son amour pour une femme. » Et je me suis dit que c’était génial. C’est exactement la matière du livre. C’est un livre sur la vie d’un homme et de la vérité qui existe derrière cette légende. Ca sonne pas mal !

Stéphane Marsan :

Merci beaucoup Pat. Merci beaucoup.

Patrick Rothfuss :

« Eclats de rires »

Merci à vous !

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#2 04-03-2011 14:51:30

Tia
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Le Nom du Vent
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Re : Promotion canapé

J'ai terminé de retranscrire le sous-titrage français piouuu !!

Et bien ce type est vraiment très sympa ! D'un naturel très plaisant ! On voit bien qu'il adore son bébé et qu'il veut tout faire pour ne pas déçevoir ses fans.

Une personne cool, gentille, accessible on est à des années lumière de Terry Goodkind !

J'ai bien aimé aussi Stéphane Marsan. On remarque bien que ce sont tous des fanas et qu'ils parlent avant tout de passion et non de business.


Once Upon a Time...

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