Interview avec Patrick St Denis et Rob H. Bedford

Interview de l'auteur lors de la sortie de son premier livre.


Sans rien dévoiler, pouvez vous nous parler de votre premier ouvrage : Le Nom du Vent ?

C’est une question dangereuse. C’est comme d’aller voir une tout nouvelle maman lui disant : « comment se porte le bébé ». Vous savez que ses yeux vont se mettre à briller, et qu’elle va bouillonner d’anecdotes de mamans « le bébé à fat ceci. Le bébé a dit cela ». C’est le genre de questions que vous êtes en train de me poser ici. Êtes-vous sûr de vouloir poursuivre sur cette voie ? Si vous n’y faites pas attention, je vais commencer à sortir des photos de mon portefeuille...

Peut être pouvez vous juste nous donner un résumé du roman sans dévoiler d’informations capitales ? Quelque chose que des lecteurs potentiels pourraient lire et être intrigué...

Pour vous dire la vérité, je ne pourrai résumer mon livre même si ma vie en dépendait. Je suis très mauvais pour cela. Cette déficience en particulier est sûrement la raison pour laquelle j’ai eu tant de mal à trouver un agent fut un temps. Si les gens veulent lire des résumés intrigants, ils peuvent aller voir ce que les chroniqueurs et les autres auteurs en ont dit. Ils sont bien meilleurs que moi, je ne suis juste pas équipé pour cela. http://nameofthewind.com/content/buzz.asp

A quoi les lecteurs peuvent-ils s’attendre des deux suites et de la trilogie qui va suivre celle-ci ?

A bien... je les ai déjà écrites. Donc vous n’aurez pas à attendre éternellement pour leur sortie. Ils paraîtront régulièrement. Un par an. Vous pouvez aussi vous attendre à ce que le second livre soit écrit avec le même degré de détail et d’attention que ce premier. Vous savez la chute de la deuxième année ? Lorsqu’un deuxième roman d’un auteur est moins bon parce que soudainement il est forcé d’écrire avec des dates limites ? Je n’ai pas à m’en soucier car mes deux prochains romans sont déjà prêts à paraître.

Des tentatives de titres à cet instant charnière ?

Je pense à La peur du Mage pour le livre 2, et le Livre de Pierre pour le livre 3. Ce n’est encore que spéculation, car les choses changent voyez vous, et si quelque chose de meilleur est suggéré, nous le prendront.

Le Nom du Vent étant votre premier, pouvez vous nous en dire un peu plus sur la route que vous avez empruntée pour voire votre manuscrit publié ? Je sais que c’était Kevin J. Anderson qui vous a mis au départ en contact avec Matt Bialer, qui est devenu votre agent littéraire.

Ca c’est juste la fin de l’histoire, réellement.
Avant cela, j’ai travaillé sur l’histoire pendant sept ans. Juste moi. Après, j’ai passé 2 ans à être rejeté par tous les agents connus de l’univers. Il semblerait que je sois capable d’écrire un roman fantasy d’un quart de million de mots, mais qu’une page de présentation décente soit au-delà de moi. Ensuite, j’ai gagné le concours des écrivains du futur et rencontré Kevin Anderson. De Kevin à Matt. De Matt à Betsy Wollheim chez DAW, mon fabuleux éditeur. Très heureux depuis.

Pat, comme beaucoup de fans sont des aspirants écrivains, pourriez vous développer un peu ceci ? Cela va sans doutes intéresser beaucoup de gens.

Si vous pensez que cela va vraiment intéresser les gens, bien sur, je vais le dire. Mais c’est une longue histoire. Pour ceux d’entre vous qui s’en fichent, je vous recommande chaudement de descendre à la prochaine question.
Ok. J’ai gagné le concours des écrivains du futur, et lorsque cela arrive, l’une des choses qu’ils font, c’est de vous faire voler jusqu’en Californie, et vous gâtent avec une semaine d’atelier d’écriture menés par des auteurs de renom. Dans mon année, nous avions eu la chance d’avoir Tim Powers pour le nôtre. Non seulement c’est un grand auteur, mais par-dessus tout c’est un grand professeur. Ces deux là ne vont pas souvent ensemble.
Enfin, un jour, Kevin Anderson arrive et fait un atelier d’après midi. Il parle de ses expériences d’écrivain, un peu de sa philosophie, un peu de ses astuces. Que du bon.
Plus tard ce soir là, j’erre à la réception de l’hôtel et le voit se tenant là, tenant une bande dessinée. Il sourit et me fait signe et j’erre jusqu'à lui.
« Qu’est ce que c’est ? » Je demande, indiquant le livre qu’il tient ?
« Recherches » me dit-il « j’ai des projets de comics à venir, alors je me suis dit que je devrai faire un peu de lecture pour voir ce qu’il se fait sur le marché actuellement ».
« Bien, bous ne pouvez pas vous tromper avec Alan Moore » dis-je.
Il est d’accord et nous parlons un peu des Watchmen. Ensuite nous parlons d’autres comics. Ensuite, nous parlons de ce que nous aimons et n’aimons pas. Après 5 ou 10 minutes, nous nous tenons toujours à la réception de l’hôtel, en ayant un échange de geek amical. Kevin dit, « Je cherchai en fait un endroit pour patienter avant le diner. Ca te dit de prendre une bière ? »
Et maintenant, voilà le truc. Je ne bois pas. Je n’ai rien contre. C’est juste que je n’encaisse pas. La caféine est ma drogue de prédilection. L’alcool n’a que très peu d’effet sur moi, et le peu d’effet que ca a je n’apprécie vraiment pas. En plus, je n’aime pas le goût.
Alors je dis « Ouai. J’adorerai prendre une bière ».
Alors on va au bar et parlons pendant deux heures de livres. De ce que nous aimons et ce que nous n’aimons pas, et des projets sur lesquels Kevin travaillait. Cet homme est partout dans le monde de l’édition et il a toujours au moins trois douzaines de fers au feu.
Ce que je n’ai pas fait, c’est de ramper au sol et d’attraper ses jambes, suppliant « S’il vous plait ! J’ai écrit une trilogie fantasy et c’est vraiment très bon ! Je n’arrive pas à avoir qui que ce soit pour y jeter un œil. J’ai besoin d’avoir le pied à l’étrier ! AIDEZ MOIIII !!! »
C’est bien sur comme cela que je me ressentais. J’ai travaillé sur la trilogie 10 ans durant et les deux dernières années, j’ai été rejeté par au moins 40 - 50 agents. J’étais terriblement frustré. Mais vous ne voulez pas être ce jeune fan poisseux, désespéré, miaulant. Ce n’est pas cool.
En plus de vous faire passer pour un lourd (spatz), c’est réellement aussi contre productif. C’est comme quand vous n’avez pas eu de rencart pendant longtemps et que vous devenez vraiment solitaire. Tout ce que vous voulez c’est avoir quelqu’un à aimer, mais toutes les femmes que vous approchez peuvent voir le désespoir dégoulinant comme de la transpiration d’un tee-shirt noir en été. Ca les rend si inconfortable qu’elles ne veulent même pas être même proche de vous, donc encore moins jouer à cajolerlepetitlapin.
Je savais que les auteurs professionnels doivent gérer des débutants désespérés tout le temps, et je ne voulais pas être ce gars là. Du coup on est juste sortis et apprécié sa compagnie. Il avait un paquet de super histoires sur le monde de l’édition, et j’ai pu apprendre beaucoup juste en l’écoutant parler et comment il cultive son art.
Après une demi-heure environ, il y a eu une opportunité pour moi d’indiquer sur le ton de la conversation que j’avais déjà terminé une trilogie, alors je l’ai saisie. Il m’a posé quelques questions à ce sujet et si j’avais du succès pour la placer. Alors je lui ai dit la vérité : Je suis très mauvais pour résumer - pitcher mon propre livre. Il m’a donné des pistes et nous en avons plaisanté.
Ensuite, la conversation a continué. Bien sur j’espérai qu’il dise un truc du genre, « tu me parais un chic type, pourquoi n’appellerais tu pas Bantam en leur disant que je t’envoie ».
Mais il ne l’a pas dit. Plus tard dans le week-end, j’étai avec lui à quelque un des dîners des groupe et durant la cérémonie des récompenses. Nous étions deux bons parleurs, alors c’était amusant. Bonne conversation. J’ai eu ma récompense, j’ai pu voir l’anthologie avec ma première histoire publiée et ensuite fait mes bagages pour prendre le vol de retour à la maison dans le Winsconsin.
Quand je suis revenu, il y avait un email de lui disant,
« J’ai lu ton histoire dans l’avion en revenant. Tu es un écrivain incroyable. Je sais que tu as écrit une trilogie. Tu devrais vraiment la montrer à mon agent. Le premier livre est il bon à présenter ?( Indice : Ta réponse à cette question est « oui, bien sur c’est prêt. » Et si ce n’est pas prêt tu te décarcasse (casse le cul) tout le weekend et tu l’as de prêt.) »
Vous voyez ? Il savait ce que j’espérais, mais il n’avait aucune idée du genre d’écrivain que j’étais. Et il savait aussi ce que c’est que d’être un nouvel auteur hanté qui a finalement la chance de monter son roman. C’est pourquoi il m’a écrit cette parenthèse.
Alors de lui ai répondu par e-mail lui disant textuellement, «  bien sur c’est prêt ». Ensuite, je me suis décarcassé tout le week-end et l’ai envoyé à son agent le lundi.
Et Matt finalement m’a accepté comme client. Et finalement, nous l’avons vendu.
Mais cela comme ils disent est une autre histoire.

Qu’est ce que vous ressentez comme être votre force en tant qu’écrivain/conteur ?

La concision.

La concision ? Dans un roman de plus de 600 pages ?

Euh. Ouais. Cela semble ridicule, mais c’est vrai. C’est l’une des raisons pour laquelle tout le monde commente le livre comme étant une lecture rapide. C’est long, mais c’est serré. Il y a peu d’espace perdu. Je ne m’engage pas en de longs, fastidieux paragraphes de descriptions ou de gros pavés d’explication. C’est efficace.
Je pense que la tendance à sur-expliquer et sur-décrire et l’un des défauts les plus communs en fantasy. C’est l’un des héritages malheureux de Tolkien. Attention, Tolkien était un grand bâtisseur de mondes, mais il était un peu enfermé dans la description de son monde parfois, au dépend de l’histoire générale. J’adore le Seigneur des Anneaux, mais les 200 premières pages sont un peu lentes.
Mes premiers brouillons du roman avaient le même problème, bien sur. Quand vous venez de commencer vous êtes très fier du monde que vous avez crée, vous voulez le partager dans son INTEGRALITE avec les gens. Quoi qu’il en soit, au travers des années, j’ai épuré le livre. Il doit y avoir vraisemblablement 100 000 mots que j’ai retiré rien que de ce livre. Parfois ce sont des chapitres et des scènes en entier. Parfois c’est juste effacer quelques mots inutiles d’une phrase. Mais le but est toujours le même, rendre le livre plus clair, plus propre, plus rapide.

Kvothe est un personnage incroyablement authentique. Le Nom Du Vent a t’il toujours été l’histoire de Kvothe ?

Absolument ; Je savais depuis le départ que l’histoire serait centrée sur lui.
Lorsque vous lisez un roman fantasy, une partie du plaisir tiens dans l’exploration d’un nouveau monde. Tout le monde sait cela. Je crois que la même chose est vraie concernant les personnages. Vous pouvez explorer  des gens intéressants de la même manière que vous explorez une ville où une culture. Beaucoup de grandes histoires sont comme cela. Don Quichotte parle d’aventure, mais aussi d’un homme. Il en va de même pour Cyrano de Bergerac, ou Hamlet. Si vous vous tournez vers quelque chose de plus moderne, n’importe quel livre de Robin Hobb.
Ses mondes sont richement détaillés, gigantesques et réels, de la même manière que le sont ses personnages.
L’un est déjà rare, mais d’avoir les deux chez le même auteur est proche du miracle. C’est pourquoi les livres de Hobb sont si bien.
Les personnages sont pour moitié la raison pour laquelle nous lisons. Nous somme enthousiastes pour le scénario, mais nous nous y attachons pour les personnages.

D’après votre site, Kvothe vous a raconté son histoire 7 années durant. Il y a-t-il eu des changements majeurs entre l’histoire que vous aviez prévu de raconter et celle que vous avez en fait racontée ?

Whaou mec, Yeah. La trame originale que j’avais prévue n’avait rien de ce que j’ai développé. Ce qui est pour le mieux, vraiment. Beaucoup de ces idées d’origine... bien... pour être totalement franc avec vous, elles étaient à chier.
Je pense que l’une des plus grosses erreurs que vous pouvez faire en tant qu’auteur, est de suivre votre plan de manière trop rigoureuse. Une histoire a besoin de croître et d’évoluer. La plupart de mes idées de départ étaient soit des clichés, soit ennuyeuses. Alors je les ai supprimées, gardé les bon trucs, et continué d’avancer.

Quel écrivain, vivant ou mort, ferait que vous vous sentiez le plus honoré qu’il lise votre livre ?

Wow. Wow c’est dur.
J’ai déjà été très chanceux avec les écrivains qui ont pu le lire, d’autant plus si l’on considère le fait que je suis un complet inconnu. Maintenant, si je devais choisir à nouveau... [longue pause] Peter S. Beagle, Neil Gaiman, ou Joss Whedon. Dois-je choisir entre eux ? C’est comme de demander à un enfant lequel de ses parents il préfère. Ce n’est pas juste comme question. Je les aime tous, juste de manière différente.

Encore une fois d’après votre site, le deuxième et le troisième livre sont terminés. Lequel des trois était le plus difficile, ou avez-vous abordé la trilogie plus comme une seul histoire ?

J’ai écrit toute la chose comme une seule histoire. La partie difficile a été de la reformer légèrement pour que chaque roman soit... bien... comme un roman. Chaque livre a besoin d’un bon début et d’une bonne fin. Les gens sont agacés lorsque vous ne concluez pas les choses proprement à la fin. Il y a une grande différence entre le premier et le deuxième Pirate des Caraïbes. La fin du premier était complète, tout était pratiquement  résolu. Bien sur il y avait bien quelques pistes lâches : Jack était au large et il y avait un singe démoniaque dans la nature, mais ça va. Les gens aiment savoir que les personnages qu’ils aiment puissent revenir pour une suite plus tard. Mais la fin du deuxième Pirates était principalement irritante. Les fins à suspense sont acquises dans les mœurs, mais peu de gens les trouvent satisfaisantes de nos jours.
C’est ce que j’essaie de faire. Rester fidèle à l’histoire globale, tout en m’assurant le lecteur repartira satisfait après chaque livre. C’est difficile.

La musique et le théâtre sont un aspect intégral du personnage de Kvothe, et de son histoire. Etes vous un dingue de films et avez/aviez vous une passion pour la musique ?

Woo mon gars. La musique et les films modernes ont si peu en commun avec la musique et le théâtre.

Que voulez vous dire ? En quoi la musique moderne n’aurait rien à voir avec la musique, mis à part les Boys Bands où en fait aucun membre ne joue d’instrument ?

85%  de la musique moderne n’a absolument rien à voir avec la musique. Ca a à voir avec une bonne apparence. Nommez-moi une femme du top dix de maintenant qui n’est pas absolument allurante (smoking hot). Vous pensez que c’est une coïncidence ? Maintenant il ne faut pas se méprendre, il y a là quelques personnes qui sont géniales. Pink écrit des trucs géniaux, mais si elle n’était pas si sexy, vous pourriez parier vos fesses qu’elle ne serait pas sur MTV. Pour chaque Tracy Chapman sur le marché, vous avez cinquante Spice Girls.
E vous pouvez oublier les instruments. Saviez vous qu’ils ont des machines qui prennent votre voix et la font moduler pour  faire comme si elle était juste. Cela s’appelle un Pitchshifter. Donc maintenant, vous n’avez même plus à être capable de tenir une mélodie. Si vous avez les seins qui pointent et pouvez danser, félicitation, vous êtes une superstar de la musique.
Maintenant il ne faut pas se méprendre, je sais que spectacle et musique sont inexorablement liés. Et bon sang, je pourrai regarder la vidéo Toxic de Britney toute la journée. Mais il y a une différence entre cela et écouter Léo Kottke jouer de la guitare. L’un est du divertissement. L’autre est de la musique.

C’est assez juste. Qu’aimez-vous artistiquement ? Quels sont les albums, films ou pièces de théâtre que vous pourriez trouver à votre goût ?

Hmmm... ma pièce favorite, je l’ai déjà dit : Cyrano de Bergerac. Avec juste derrière en deuxième place Le Songe D’une Nuit d’Eté.
En films : Fight Club. The Crow. Princess Bride. Labyrinth. American Beauty.
Musicalement, j’aime de tout: Paul Simon, Barenaked Ladies, Parliament Funkadelic. And lately, Imogen Heap.
Continuons avant que cela ne semble ressembler à mon profile myspace...

Non seulement vous avez le total soutiens de DAW books, mais toute la famille Penguin Books est derrière vous. En tant que nouvel auteur, vous devez être enthousiaste de les avoir pour soutenir le roman de cette manière. D’autant plus qu’avec une première édition  à 45 000 exemplaires, vous êtes conscient que le Nom Du Vent est prévu de faire vraiment bien. Admettons que les ventes soient quelque chose sur laquelle vous n’avez pas le contrôle, une partie de vous est-elle anxieuse des attentes auxquelles le livre devra répondre ?

Ben maintenant je le suis... [Rires]
Honnêtement, je ne m’en fais pas. Pourquoi s’inquiéter pour quelque chose que je ne contrôle absolument pas ? Ce serait un trop grand gâchis d’énergie.
Et puis, j’ai passé des années à peaufiner cette histoire pour que le livre soit aussi bon que possible. Des centaines de personnes l’ont lu et m’ont aidé à l’améliorer. J’ai confiance en mon livre. Je ne peu faire plus à ce point. Soit les gens vont l’aimer, ou pas. Mon angoisse ne changera rien à la réalité.

Si vous pouviez choisir, vous préféreriez être dans les meilleurs ventes du New York Times, ou un World Fantasy award ? Et pourquoi exactement ?

Je ne peux pas choisir le Pulitzer à la place ?

<strong>Non, sérieusement, vous préféreriez un succès commercial ou la reconnaissance de vos pairs ? </strong>
Mes pairs ? Je pense que vous avez une drôle de vision de qui sont mes pairs. Toute ma vie j’ai été un lecteur et un geek de fantasy. Mes pairs sont mes homologues lecteurs fantasy.
Si ces personnes lisent mon livre, et l’apprécient assez pour en parler à leurs amis, j’aurai tout le succès commercial et la reconnaissance que je pourrai vouloir.

Je sais que vous avez refusé l’offre d’une autre maison d’édition qui vous proposait plus d’argent pour choisir DAW books à la place. Qu’est ce qui vous a fait prendre cette décision ?

Il y a plein de raisons.
Tout d’abord, Betsy a adoré le livre. Vraiment, vraiment adoré. Elle a appelé mon agent et a supplié de me parler. Lorsque l’on s’est eu au téléphone, elle m’a dit : « j’ai aimé votre livre dès la première page. C’est le meilleur Héroïque Fantasy que j’ai pu lire en trente ans ». Son enthousiasme était palpable.
Deuxièmement, je savais que si je signais chez DAW, mon éditeur allait être le propriétaire et le président de la société. Je n’aurai pas à m’inquiéter au cas où elle aurait un autre boulot chez un autre éditeur au milieu de mon second livre. Je n’aurai pas non plus à m’inquiéter de savoir si le patron de mon éditeur soutiendrait le projet. Chez DAW, mon éditeur *est* le patron.
Enfin, DAW a la réputation de vraiment soutenir ses auteurs. Toutes les personnes à qui j’en ai parlé me l’ont dit. Ils ne vous abandonnent pas. Ils continuent de vous imprimer. Un auteur en qui j’ai confiance m’a dit : « Si cette trilogie est tout ce que tu as, prend l’argent et sauve toi. Mais si tu veux démarrer une carrière, va chez DAW. Ils t’aideront à la réaliser. »

Honnêtement, croyez vous que le genre Fantasy sera un jours reconnu comme de la vraie littérature ? Pour être franc, à mon avis, il n’y a jamais eu autant d’aussi bon livre séries  que nous n’en avons actuellement, et pourtant, il y a toujours très peu (voire pas) de respect associé au genre ?

La part du lion de la bonne vielle littérature EST de la Fantasy, ils prétendent juste que ça n’en est pas. L’Odyssée est pleine de dieux et de sorts magiques. OedipusRex contient un sphinx et une prophétie. Il y a des sorcières dans Macbeth, des fées dans Le Songe d’une Nuit D’été et un fantôme dans Hamlet. Dante ? Beowulf ? Ils ressemblent tous à de la fantasy selon moi ...
Je pense que beaucoup de gens lisent et respectent les contes Fantasy. Beaucoup de lycée en avance sur leur temps propose même des classes pour l’étudier. Bien qu’ils l’appellent généralement fiction spéculative ou réalité magique pour qu’ils se sentent un peu mieux.
Nous connaissons tous pourtant la réalité : c’est de la fantasy.
Aller jusqu'à dire que mon livre soit reconnu comme de la littérature [Pat hausse des épaules] Pourquoi le voudrai-je ? Je veux dire, avez-vous lu Great Expectation ? Bah. Pourquoi voudrai-je être invité à leur petit club ?
Mettez-moi Tim Powers et Phillip K Dick. Mettez-moi Le Guin, Gaiman et Pratchett. Mettez-moi Mc Killip et Whedon ! Eux sont des conteurs. Eux sont nos faiseurs de mythes modernes. Nos oracles. Nos rêveurs. Je veux être dans cette équipe.

__________________________

Texte traduit par tkl